Collomb inaugure les pompiers

Le ministre épingle un colonel et joue avec la pluie

Tout le monde attend le ministre. Samedi après-midi, dans la caserne de pompiers de la Confluence, les troupes sont au garde-à-vous, rutilantes.  

On compte déjà la présence de Guilloteau, Kimelfeld, Sécheresse, Turcas, deux ou trois députés de la France en Avant-Marche. Et Michel Mercier à titre posthume, il était président du département en d’autres temps. On a déroulé un tapis rouge, au carré dans la cour. Les pompiers des différents corps sont répartis sur chaque côté, la tribune est dans un coin et les journalistes dans un autre, tout est carré, sauf Mercier.

Il pleut dru tout d’un coup. On distribue quelques parapluies à des officiels perméables. Le fanfare commence à s’inquiéter, en cas de déluge, le tuba est le plus menacé, si le cornet commence à se remplir, c’est la noyade assurée. Les hommes-grenouilles regardent tout cela avec beaucoup de philosophie, si la mer monte, ils sont les seuls à pouvoir rentrer chez eux. 16 heures moins presque, Képé fait son entrée dans la voiture grise réservée au maire de Lyon.

La pluie s’est calmée. “Garde à vous ! ”On annonce le ministre accompagné du préfet en grande tenue, feuilles de chênes dorées sur tranche au képi. Salut au drapeau. La Marseillaise remonte la pluie dans les nuages “...abreuûve nos sillons. Pon-pon-pon-pon”. Collomb passe en revue les troupes sur une musique digne de l’inauguration d’un jardin d’acclimatation. Echanges de coups de mentons. Collomb se rend devant le mur du fond. Il dévoile une plaque commémorative qui rappelle qu’il a bien fait ce qu’il est en train de faire. On coupe le ruban. Comme on n’a pas trouvé d’endroit où l’accrocher, il tenu au milieu de la cour par deux pompiers en herbe.

Repos. Garde-à-vous. Fermez le ban. Il s’agit maintenant de décorer le colonel Serge Delaigue de la croix d’officier de la Légion d’Honneur “Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés”. Puis de l’élever au rang de contrôleur général, en vertu de rien du tout et au nom de soi-même, mais au pluriel “nous vous nommons contrôleur général”, proclame Collomb. Et il lui remet un nouveau képi avec plus de feuilles. “Contrôleur général”, c’est l’équivalent d’officier général dans l’armée, donc de “général”. Rien à voir avec “contrôleur”, ce n’est pas lui qui demande les tickets de bus.

Serge Delaigue remercie tout le monde pendant que le vent continue de souffler dans le micro. Jean-Yves Sécheresse, qui est le président des pompiers, se lance dans une grande explication pour raconter comment le SDIS est devenu le SDMIS et comment le SACR* dessine des perspectives d’avenir intéressantes.

Et puis c’est au tour de Collomb : ”....Monsieur le Maire de Lyon, Monsieur le président de la Métropole….”. Ca fait drôle de l’entendre dire ça. “C’est une grande joie d’être à nouveau à Lyon”. On sent bien qu’il n’est parti que d’un oeil. Pour un peu il nous revendrait le quartier de la Confluence. Bon, revenons à nos pompoms. Serge Delaigue. Un grand sapeur-pompier. Pendant qu’il cause, un des soldats du feu au garde à vous se trouve mal et s’écroule au milieu du carré. Malaise vagal. Il est aussitôt évacué par les pompiers qui savent fonctionner eux-aussi en circuit court. “C’est vous Monsieur le contrôleur général qui avez pris l’initiative d’organiser une simulation d’attentat en 2013 pour tester les services de secours. Les grandlyonnais et les rhodaniens vous doivent beaucoup” continue Collomb. Et il termine par un tonitruant “Vive la République, vive la France”.

Le temps de refaire un dernier tour carré pour serrer quelques cuillères et direction le Matmut Stadium, qu’il faut absolument inaugurer, on ne sait pas bien à quel titre, mais faut y aller.

Timéo Danaos

*SACR : Schéma d’Analyse et de Couverture des Risques, d’après Wikipédia qui pourtant n’était pas là.

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