Stan ne s’appelle pas “Stan”, mais c’est lui quand même

Un numéro de comédien entre théâtre et mime

Sur scène un chapeau perché sur un pied de micro. Il l’attrape, se le colle sur la tête et commence à danser comme Mickael Jackson de son vivant. Moonwalk et roule-burnes en prime. Il raconte. On l‘appelle Stan mais il ne s’appelle pas Stan. Son vrai nom c’est Christophe, et Stan c’est venu parce que...voilà, il explique. Trop. A la fin, on n’a rien compris, ce n’est pas grave.

Stan raconte ses débuts. Il imite des profs à l’école. Hanté par le théâtre déjà. A dix ans il parle comme Molière, en vers et en vocabulaire du XVIIème siècle. Ca n’aide pas forcément à se faire respecter mais ça déconcerte. Et puis son premier boulot aux Galeries Lafayette, “une caverne d’Ali Baba de personnages.” Il refait le chef à la diction approximative, sa femme vissées derrière une caisse enregistreuse “Mon mari, en 35 ans, je n’ai pas compris un mot de ce qu’il m’a dit”. C’est peut-être ça, le secret de la longévité.  Comment il est arrivé à travailler là, on ne sait pas, mais comment il en est sorti, on a une petite idée.

Stan imite les chefs d’oeuvre du Musée du Louvre. La Joconde, bien sûr. Quatre cents ans de carrière elle en a vu passer du monde ! Mais s’est-on demandé ce qu’est devenu sa vie de femme? Stan, oui. Et la Vénus de Milo. Un peu jalouse, forcément, on la regarde un peu moins “je suis le deuxième monument le plus visité”. Une vie passée dans les courants d’air !

Il parodie les grands textes, la tirade des nez devient la tirade du nouveau-né : “A la fin de l’envoi j’accouche”.

Car Stan est à la fois un comédien multiple : danse, mime, sketchs, rires, émotion, et un  défenseur de la langue française “il y a de plus en plus de mots qui vivent en dessous du seuil de l’orthographe”. Pas lui. Il parle en vers, quand ça lui chante. Il donne un peu de Rimbaud “Le Dormeur du Val”. Il est le grand spécialiste des imitations de gens qu’on ne connaît pas. Comédien avant tout, c’est joué avec précision, sans jamais aucun excès, seulement la note juste. Et à la fin du spectacle, comme un générique, tous les personnages reviennent, la prof de lettres pincée, la caissière acariâtre, le rappeur gentil, l’élève de théâtre monomaniaque, comme pour saluer.

Stan est en tournée sur son One Man Show. Il arrive de Marseille et quelquefois, ça s’entend vraiment. Il repart souvent à Paris : du théâtre classique, des films. On l’a vu dans Les Tuche ou dans les Aventures d’Adèle Blanc-Sec. Il a remporté une collection de premiers prix à faire pâlir de jalousie le CV de Laurent Wauquiez. On peut le voir à Lyon encore jusqu’au 11 novembre.

 

Timéo Danaos (qui ne s’appelle pas Timéo Danaos non plus)

 

Stan “Quelque chose en nous de De Vinci”

Complexe du Rire,  7 Rue des Capucins, 69001 Lyon, Téléphone : 04 78 27 23 59

 

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