24 heures “dans la peau de ma femme”

Double  cauchemar au rideau rouge

Le rideau s’ouvre sur une chanson de Barry White, signe qu’on va y parler d’amour. Intérieur Ikéa datant de l’époque du mariage, lumière d’ambiance rouge. Lui, Fred : désordonné, brouillon bougon, bourru, taillé dans l’arrondi du canapé.  Elle,Cécile : active, pressée, méticuleuse, du genre à ne jamais rien oublier. Comme par exemple la date de la Saint Valentin. Lui, si. C’est plutôt les matchs de foot qu’il mémorise. Bref, c’est l’embrouille. Alors elle lâche sans y faire gaffe cette phrase stupide « si tu pouvais te mettre à ma place une seule journée».

Mais voilà qu’une fée tordue passait par là et qu’elle exauce son vœu. Chacun se retrouve dans le corps de l’autre. Lui complètement ravi de trouver sur lui  tous les accessoires avec lesquels il ne pouvait jouer que sur permission. Elle complètement effarée de se retrouver poilue, lourdaude, avec cette voix épouvantable. Il manque la goutte d’eau qui met le feu aux poudres. Il s’agit de Christian, le meilleur ami de Fred, il passe prendre l’apéro. Un beau gosse, dragueur impénitent, fort en gueule et sans doute aussi roublard que son pote. Chacun va devoir jouer le rôle de l’autre, Cécile feint d’être Fred et Fred feint d’être une femme. Suite de gags et de quiproquos, de maladresses et de gaffes mal rattrapées. Entre potes, on se fait des confidences. Voilà comment Fred-Cécile va apprendre tous les vilains secrets que son mari lui cache, ce qui promet des explications de gravures assez sportives dans les jours à venir.

Dring ! Christian a donné rendez-vous à sa nouvelle petite amie Roxane, une assistante sociale un peu coincée du bulbe, sur laquelle il fonde des espoirs à consommer rapidement. Cécile-Fred va trouver à son tour une oreille attentive et surtout un terrain de jeu qui va lui permettre de perturber encore davantage la situation. Elle s’est refaite une beauté pour l’occasion. C’est-à-dire qu’elle s’est maquillée comme les hommes croient que les femmes se maquillent : en cagole. La déambulation sur talons aiguilles lui pose autant de problèmes que si elle était devenue macroniste : tenir en équilibre sur la jambe droite et en même temps sur la jambe gauche.

La pièce est réjouissante, le rythme vif, les situations s’enchaînent avec jubilation. C’est évidemment l’occasion de passer à l’essoreuse les clichés masculins et féminins, de brosser à rebrousse-poils les problèmes de couples. Mais c’est surtout l’occasion pour les quatre comédiens de beaucoup s’amuser avec des rôles à tiroirs : l’homme qui joue une femme qui veut passer pour un homme. Léon Vitale et Laetitia Sleska dans la rôle du couple. Mathieu Birken et Laure Junillon  dans le rôle du couple défaiseur-refaiseur de couples.

Timéo Danaos

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