Jean-Rémi Chaize, les mamies ne lui disent pas merci

Sur l’affiche il porte une collerette de chien. Et il n’a pas l’air d’aimer ça. Au lever de la lumière au Complexe du Rire,il est accoudé sur la table de la cuisine en train de préparer sa liste de course. Il est sa grand-mère : “Une olive, une patate….”. Avec un accent lyonnais à couper en rondelles. Ca demande de la concentration, tout de même. Elle s’emporte contre son petit fils, Steven, un “grand dadais”, bon à rien, qu’on “ne sait pas ce qu’on va faire de lui”, et lui non plus, il “réfléchit”, non mais je vous demande un peu ! (...) Numéro d’acteur.

Dans le sketch suivant il est guide touristique au Louvre en train de présenter La Joconde au public. Problème : il y en a de tous les pays. Alors il va sauter d’une langue à l’autre au milieu des phrases, une espèce de ping-pong verbal, de trempolino linguistique, de squash idiomatique (…)

De dos, assis sur une chaise, on sent la star ou présumée telle, sur le retour alors qu’elle ferait mieux d’être sur le départ, acariâtre, vindicative, capricieuse, en colère contre son attachée de presse au physique contrarié, houspillant le journaliste qu’elle traite de stagiaire (...)

On la retrouve caissière chez Machin en train d’expliquer les avantages et modalités d’accès de la carte Wou qui permet de cagnotter à chaque fois qu’on passe en caisse. Ca va vite. De plus en plus vite. Il faut s’accrocher. D’autant que les explications ne visent pas le choc de simplification. On en retiendra que la caisse centrale est tout au fond, à droite, après la caisse N°25. On ne sait pas bien ce qu’on peut en faire mais ça peut toujours servir.

Et puis arrive le grand numéro attendu : la mère indigne, auprès de qui Folcoche ressemble à la Fée Bleue. Elle parle mal à sa fille, c’est sûr : “tu veux que maman te menace à nouveau?” Et puis “Montre-moi ta main. Je compte jusqu’à cinq”. Car cette pauvre gosse a dû faire une bêtise. Grave, sûrement, car “Maman est terrassée de douleur”. Le bras de fer va durer de longues minutes. Jusqu’à la faire avouer. De la cruauté à l’état pur. De l’humour noir jubilatoire comme on n’en n’avait pas entendu depuis Pierre Doris. A chaque fois que ça monte d’un cran le public est effaré de tant de mauvaiseté et les rires repartent de plus belle. Les rôles de femmes lui vont bien, à Jean-Rémi Chaize. Sa voix s’y prête. Après les rappels il revient avec la collerette, une espèce d’entonnoir de chien. Il dit que c’est pratique, on voit à travers. Et ça protège du vent. Et quand il pleut on fait quoi? On se noie ?

Jean-Remi Chaize, “On n’est pas des chiens”, en tournée sur les scènes lyonnaises et parisiennes

Timéo Danaos

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