Les nouveaux  talents du rire

Yanisse Kebbab

 

 

Chaque mardi, le Complexe du Rire ouvre ses planches à des artistes pleine d’espoirs de carrière. Le 13 mars dernier, c’était Yassine Kebbab, un standupeur. “Moi, quand j'étais petit, je mangeais à la cantine, comment c'est bon la viande pas hallal !" La bouffe tient une place particulière dans la vie de Yanisse Kebbab. C’est peut-être même ce qui l’a décidé à naître : l’odeur d’une tarte aux fraises.  

En tous cas, c’est ce qui le fait marcher. Ca se voit à sa corpulence, il dépasse allègrement le quintal et n’a pas l’air près de changer. Il raconte des histoires de famille, de voisins, de copains. Comment son père et sa mère se sont rencontrés, lui des MInguettes et elle de Mulhouse. On pourrait dire un coup de foudre, mais la météo n’y est pour rien. Ca ressemble plus à un hold up avec auto-enlèvement surprise de la part de Madame. Elle croyait arriver aux Etats-Unis, sa mère, en voyant  les tours des Minguettes. Le rêve ne s’est pas réalisé, mais elle l’a transmis à son fils “Moi je suis algérien, mais dans ma tête je suis californien”.

Toute la famille va un peu y passer. Le grand-père (lui aussi, on peut lui faire faire n’importe quoi avec de la bouffe), le père “je ne savais pas que mon père c’était un mytho”. Il a fait la Marche des Beurs, il est resté militant, bourru, pas causant “Non, je dirai rien”. Mais juste il demandait comment il avait connu sa mère, Yanisse ! Bon, tant pis. A ne pas manquer : la découverte d’une église par une bande d’ados apeurés, à l’invitation du pasteur du coin. La bienséance va se prendre quelques égratignures au passage, “Jésus ? Mais il est connu ce bâtard !” C’est juste de la maladresse, faut pas faire attention.

Yanisse, c’est du stand up, il donne toujours l’impression de raconter les histoires comme elles lui viennent, comme si on venait de se rencontrer. Outre ses talents de tchatcheur, c’est un salutaire  exercice d’autodérision. Il se moque de tout et de lui en premier, de ses tentatives pour maigrir alors qu’il n’y croit pas du tout. De ses déboire amoureux “J’attire toujours le même genre de nanas, des potelées”. Avec plus ou moins de succès “c’est pas une pelle qu’elle m’a roulée, c’est une tractopelle”. Il fait partie de l’Ecole du Jamel Comedy Club ou plutôt, plus lyonnais, du Graine de Star Comedy Club, de Villeurbanne. Il commence à tourner depuis peu sur les scènes lyonnaises ou parisiennes, ou même en Algérie ou au Maroc. Il a dû s’interrompre quelques mois après un grave accident de voiture. Ca donne un sketch. Tout donne un sketch. C’est sa façon à lui de prendre la vie. Yaniss Kebbab, c’est un pied de nez à toutes les mauvaises surprises du destin.

Timéo Danaos

 

Les nouveaux talents du Rire, les mardis soirs au Complexe du Rire

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