Lyon 2 : Dialogue précaire entre la présidente et les étudiants mobilisés

Nathalie Dompnier pourra-t-elle éviter encore longtemps le rapport de force avec ses étudiants ? Mardi 3 avril, environ 250 d’entre eux se réunissaient dans le Grand amphithéâtre du campus des quais et votaient l’occupation du lieu pour le reste de la semaine. Dans le sillage d’une dizaine d’universités françaises, les étudiants réclament l’abrogation de la loi sur l’enseignement supérieur. Mais aussi l’abandon de la réforme de la SNCF et de la loi asile-immigration. Ils comptent faire de l’université un point de rencontre entre les différents secteurs en lutte, des cheminots aux hospitaliers en passant par les salariés de Carrefour. La présidente de Lyon 2 s’est d’emblée montrée compréhensive en acceptant de ne pas comptabiliser les absences jusqu’au 5 mai. Elle a ensuite obtenu l’évacuation du Grand amphi, après la chute d’un étudiant ayant entraîné l’intervention des pompiers dans la nuit de jeudi à vendredi. Puis elle a demandé aux étudiants de ne pas occuper certains amphis, considérés comme dangereux. Transmise par un étudiant en ouverture de l’assemblée générale du lendemain, la doléance a été accueillie par des rires épars. Les participants sont passés outre en votant une nouvelle occupation à partir du lundi suivant. La réunion a été marquée par l’irruption de Jim Walker, vice-président du conseil d’administration de Lyon 2. « Nous pourrions vous mettre à disposition un amphi à compter de lundi. Nous ne souhaitons pas que vous restiez la nuit », a-t-il déclaré à la tribune. Un débat animé s’en est suivi, une fois la porte complètement refermée derrière l’émissaire. « La présidente, c’est pas ma camarade, a réagi un des contestataires les plus actifs. On n’est pas tenus de l’informer de tout ce qu’on va faire. » D’autres rejettent cette logique de confrontation : « C’est avec le gouvernement que nous devons installer un rapport de forces, pas avec la présidente », a objecté une étudiante. Après avoir promis à Jim Walker une réponse dans l’heure, les étudiants ont repoussé l’échéance à lundi.

Sébastien Grob

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