Municipales à Lyon : le risque d’un 2001 à l’envers

Loin de nous l’idée de penser qu’en politique, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il n’en reste pas moins que l’on aurait tort d’oublier les enseignements des précédents scrutins. À Lyon, les municipales de 2001 constituent un précédent qui pourrait se reproduire dans certaines circonstances comme ce fut le cas lors de la première élection de Gérard Collomb.

À l’époque, il aura fallu un enchaînement d’événements aussi inattendus qu’improbables pour que le candidat socialiste l’emporte. En premier lieu, il a profité du fait que Raymond Barre ne se représentait pas et qu’il n’avait pas aux yeux des Lyonnais de successeur incontestable. Ayant pratiqué pendant cinq ans une opposition raisonnable, Collomb avait habilement su se présenter comme l’un des héritiers de l’ancien Premier ministre.

Deuxième événement, la droite et le centre se sont alors déchirés jusqu’au suicide. On se souvient tous du combat fratricide ayant opposé la droite traditionnelle à Charles Millon. Mais on oublie un peu vite qu’une première guerre fut également destructrice entre les fidèles d’Henry Chabert (qui dut finalement jeter l’éponge) et le RPR. Comme si cela ne suffisait pas, on eut ensuite droit au bras de fer entre le RPR et les centristes menés d’abord par Christian Philip qui fut ensuite évincé par Michel Mercier.

Au soir du premier tour, le score de Gérard Collomb est décevant. Ses adversaires continuent à se déchirer. Mercier jette l’éponge ; Anne-Marie Comparini refuse l’alliance avec les millonistes. Collomb s’impose au final alors que ses listes obtiennent moins de voix que celles de ses adversaires.

Aujourd’hui, la gauche et les macronistes sont nettement majoritaires dans la ville. Mais ils n’ont jamais été autant divisés entre marcheurs, socialistes canal historique et contestataires à la sauce Nathalie Perrin-Gilbert. Si l’on ajoute les ambitions locales d’un Mohamed Tria qui envisagerait de lancer sa propre liste dans le 9e arrondissement, tous les ingrédients sont présents pour nous offrir un cocktail explosif. Le retrait de Gérard Collomb pourrait constituer l’étincelle finale.  Il faudrait bien sûr que l’opposition soit incarnée par un candidat crédible. C’est là que pourrait débarquer Étienne Blanc, l’actuel premier vice-président de la Région qui a déjà discrètement débuté sa campagne.

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