PRS : la Région oublie de donner son avis dans les temps

Laurent Wauquiez a raté le train du Plan régional de santé

Comme diraient ses opposants, on ne peut pas être à la fois à Paris et à Lyon. En tant que président du Conseil régional, Laurent Wauquiez vient de découvrir qu’il a raté le coche du Plan régional de santé (PRS). Sa collectivité avait jusqu’au 29 avril pour faire parvenir sa contribution à ce document. Visiblement, Wauquiez avait d’autres chats (macronistes) à fouetter ; il a totalement zappé le sujet. Il aura fallu que les élus communistes le rappellent à ses devoirs pour qu’il se saisisse enfin du dossier.

Las ! Même s’il n’est que consultatif, l’avis de la région doit faire l’objet d’une discussion en commission permanente. Quand Wauquiez a été rappelé à l’ordre, il était trop tard. D’autant qu’il n’y avait plus de réunion de la commission permanente avant le 29 avril. Nous avons interrogé la Région sur ce regrettable oubli. La réponse des services (que nous reproduisons in-extenso) montre que ceux-ci savent faire preuve d’une indéniable capacité pour noyer le poisson :

« Pour les collectivités, l’avis doit formellement être délibéré. Comme le calendrier des CP ne permettait pas de voter un avis étayé dans les délais, il a été décidé de faire :

Une audition de Jean-Yves Grall, directeur général de l’ARS (agence régionale de santé), par une réunion extraordinaire le 5 avril de la Commission en charge de la santé (avec des représentants de tous les groupes) ;

Un courrier avant le 29 avril de l’exécutif proposant son avis sur le PRS, et en annexant les contributions des groupes politiques qui le souhaiteront ;

Une délibération à la CP de juin de l’avis de l’exécutif, qui deviendra ainsi conforme de ce point de vue. 

Aujourd’hui la Région ne s’est donc pas exprimée formellement sur le sujet. Elle devrait formuler des remarques sur le PRS, sans remettre en cause son esprit général. La Région n’est pas la collectivité la plus concernée par le champ du PRS, car elle n’a pas de compétences spécifiques ni en santé ni en handicap, au contraire des départements, beaucoup plus directement impactés par le contenu du PRS. »

Voilà qui ne nous explique pas pourquoi la Région ne s’est pas intéressée plus tôt à ce dossier. Et pourquoi il a fallu que les communistes secouent le coco... tier pour que Waquiez se réveille.

À la décharge du Président du Conseil régional, on reconnaîtra que son oubli n’a eu strictement aucune importance. Personne ne se soucie de l’avis de la région qui est simplement consultatif.

La preuve ? Le préfet de région Stéphane Bouillon et le directeur de l’Agence régionale de santé Jean-Yves Grall n’ont même pas cherché à donner le change. Dès la semaine dernière, sans attendre la date limite du 29 avril, ils ont tranquillement signé le nouveau PRS qui devient dès lors applicable pour les dix années à venir.

Au moins, on ne pourra pas leur reprocher de faire dans l’hypocrisie. Les avis des uns et des autres, ils n’en ont rien à faire ; et ils ne s’en cachent pas.

On peut même se demander s’ils ont seulement pris la peine de les lire...

Kose Too-Joure

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