À la Région, Laurent Wauquiez patine dans la semoule

En politique, il est au moins aussi important de choisir une stratégie que de s’y tenir. Laurent Wauquiez a choisi de miser sur la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour conquérir l’Élysée. Dans son esprit, son action locale doit lui servir de tremplin pour réaliser son ambition nationale. Il se voyait déjà mener campagne sur le thème « ce que j’ai fait pour la région, je le ferai pour le pays ».

Sur ce point, il semblait sur la bonne voie avec les économies substantielles réalisées depuis son élection. N’en déplaise à son opposition, les dépenses de fonctionnement ont été réduites comme l’a souligné la Cour des comptes.

Las ! Depuis quelque temps, la machine semble se gripper. On ne parlera pas de sa mauvaise image nationale et des sondages calamiteux qui se succèdent. En ce domaine, les choses vont et viennent ; un mauvais sondage aujourd’hui ne conduit pas nécessairement à une catastrophe électorale demain ou après-demain.

Il y a en revanche nettement plus grave. L’annulation par le tribunal administratif du budget 2016 de la Région écorne l’image d’excellent gestionnaire que Laurent Wauquiez cherche à se donner depuis deux ans et demi. Son entourage a beau jeu d’expliquer qu’il s’agit d’une simple question de formalisme qui n’a pas d’influence sur le budget lui-même, la décision des juges constitue un méchant camouflet pour le président de la Région. Et ce n’est peut-être pas terminé. Des recours ont également été introduits auprès du tribunal pour les budgets suivants – 2017 et 2018. Si d’aventure, la justice administrative tranche à nouveau dans le même sens, les citoyens retiendront que les budgets de Wauquiez à la Région ne tiennent pas la route.

Voilà qui ne manquera pas d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui affirment que la machine régionale fonctionne de travers depuis que Laurent Wauquiez en a pris les commandes. Du coup, on risque de prêter un peu plus d’attention aux critiques internes et aux départs qui se sont multipliés ces derniers mois. Arrivé dans les bagages du président, le directeur général des services Guillaume Boudy n’a guère tenu plus d’un an. La valse des responsables continue puisqu’on vient d’apprendre le départ de Henri Zeller, directeur général adjoint des services depuis tout juste deux ans.

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