One shot Sous le Caillou

Deux découvertes féminines  de l’humour

Samedi soir, le théâtre Sous le Caillou renouait avec sa pratique de la scène ouverte : pas de concours, juste un espace de scène où des artistes viennent s’autoproclamer pendant une demi-heure chacun. Au public de faire le tri. Si les deux premières mériteraient d’être revues quand elles seront plus affirmées, on a quand même découvert deux petites pépites.

La première s’appelle Kimberly Clac, elle est très accessoirisée. Elle parle à une peluche qu'elle appelle “Docteur”, d’ailleurs elle appelle tout le monde “Docteur”, c’est dire si elle a bien conscience d’avoir besoin d’aide. Car Kimberly n’habite pas tout seule dans sa tête, son cerveau est en colocation. Elle saute d’une humeur à l’autre en moins de temps qu’il n’en faut à un morpion pour changer de sexe : rire, tristesse, colère, méfiance, allégresse, inquiétude. Elle n’est pas bipolaire, elle est multipolaire. Là voilà en bourgeoise façon Chanel, en pleine déprime. Elle draine six enfants avec elle, qu’on ne voit pas et c’est tant mieux car on les sent chargés au niveau hérédité.  Des triplés issus d’une première série, qu’elle a baptisés : Guy-Georges, Patrick-Henry et Emile-Louis, car elle aime bien les prénoms composés. “Je me suiciderai un autre jour, je n’ai plus le coeur à ça !” En nymphomane pourrissant la vie d’un commissariat de police, en fausse Brigitte Bardot, elle est chaque fois inattendue et percutante. Kimberly Clac est 8ème de finaliste (pour l’instant) au concours Kandidator.

Suit Chris de Nerf. Une nana au style Marie-Paul Belle, cheveux gris acier, silhouette haricot vert. Elle se lance dans un exercice particulièrement délicat : décrypter les codes amoureux des hommes et des femmes, pourquoi ils sont en quiproquo permanent. On s’attend à dire : on l’a déjà vu mille fois. Pas du tout. D’abord parce qu’elle est à la fois ironique, malicieuse...et très documentée. Entre les mecs “monotâches” et les filles un peu éparpillées : “je vous accorde qu’on n’est pas claires…”, le parcours des préliminaires ne peut être que très aventureux. Elle explique, pourtant “nous ce qu’on veut, c’est un prince charmant à la verticale et un bad boy à l’horizontale”. Elle va d’ailleurs faire un prélèvement dans le public, un échantillon de la population masculine pour illustrer son propos. C’est drôle, incisif et pertinent. En bonus, elle a une sacrée voix pour chanter le blues.

Cette scène ouverte appelée One Shot était organisée par Jean-Yves Morelle du blog Humour et Dépendances. Elle devrait être reprogrammée régulièrement sur la saison prochaine.

Timéo Danaos

Théâtre Sous le Caillou – 23 rue d’Austerlitz – Lyon 4e

04 27 44 34 38 – contact@souslecaillou.com

Laisser un commentaire