La ville de demain commence aujourd’hui

L’histoire de Lyon s’invente de nouvelles pages

Un musée n’est pas qu’un musée. Dans l’Hôtel de Gadagne, l’exposition “Lyon sur le divan”, encore visible jusqu’au 16 juin a été l’occasion de s’interroger sur “comment fabrique-t-on la ville de demain ?” Mercredi soir une table ronde moulinait cette question autour de quatre invités.

Sébastien Sperto, du CAUE Rhône-Métropole (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement) commence par un topo sur l’histoire des utopies en architectures. On fabrique la ville en la rêvant. Depuis le phalanstère de Fournier au XIX ème siècle, jusqu’à la cité industrielle de Tony Garnier, à Lyon, ou la Cité Idéale de Le Corbusier à Firminy. Aujourd’hui, les utopies tournent autour de la ville végétale, densifiée, à la fois verticale et horizontale.

Ensuite Alessandro Cerioni répond au doux nom de data scientist. Il explique comment l’utilisation des données produites par l’activité de la ville permettent de la transformer. A Lyon, outre des applis comme Optimod qui calculent en temps réel le meilleur moyen de transport pour se rendre d’un endroit à un autre, d’autres applications sont en cours de test pour optimiser le ramassage des silos de collecte de verre ou encore pour doser l’arrosage des arbres urbains et faciliter la climatisation naturelle.

Le Fab Lab TubA,situé 145 cours Lafayette, expérimente de nouvelles solutions, en faisant rencontrer des bidouilleurs et des grandes entreprises comme EDF. Plus que bidouilleur, l’architecte

Eric Cassar raconte les utopies de villes qu’il crée en vrai. La logique est différente des usages actuels. Au lieu de construire des espaces privés cloisonnés où chacun reste chez soi, on multiplie les espaces de partages, c’est ainsi qu’une salle de réunion dédiée aux entreprises en semaine peut être ouverte aux particuliers le week-end pour servir à une réception, un goûter, un anniversaire. Ce sont les outils numériques qui permettent de gérer ces différentes utilisations, à l’architecte de concevoir des espaces transformables et ouverts en fonction des usages des populations et de leur mixage. En étant ainsi partagés, explique-t-il, les espaces de la ville deviennent “infinis”.

La ville continue de se rêver et de se réinventer, la densification urbaine et les enjeux écologiques conduisent à repenser complètement les modèles. Mercredi au Musée de Gadagne, les bidouilleurs racontaient leur aventure.

 

Musées Gadagne, 1 place du petit Collège ,69005 Lyon, Tel : 04 78 42 03 61

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