Villeurbanne : Jean-Wilfried Martin lance sa campagne pour les municipale

«17 ans, ça suffit ! »
On l’a compris, la droite est bien décidée à taper dur sur Jean-Paul Bret qui dirige Villeurbanne depuis deux mandats et demi. Dans un document à charge, le chef de file des Républicains Jean-Wilfried Martin dresse un bilan calamiteux de l’action du maire depuis 17 ans. Rien ne trouve grâce à ses yeux, qu’il s’agisse de l’insécurité galopante, des moyens insuffisants pour la santé et les personnes âgées, du manque de groupes scolaires, de la bétonnisation à outrance, de l’immobilier trop cher ou de la fiscalité.Du coup, on se demande vraiment pourquoi Villeurbanne attire autant de nouveaux habitants dont on peut imaginer qu’ils ne sont pas forcément tous masochistes à se précipiter pour vivre dans un enfer.

« Vous méritez mieux », lance encore Martin qui promet de s’entourer d’une « nouvelle équipe » pour les prochaines municipales. En revanche, pour lancer sa campagne, il mise sans hésiter sur les bonnes vieilles ficelles politiciennes qui veulent que pour enfoncer encore un peu plus l’élu en place, on tresse des lauriers à ses prédécesseurs. C’est presque avec des trémolo dans la plume qu’il évoque avec nostalgie les mandats de Charles Hernu sous lequel « le développement urbain s’est accéléré ». Et de se souvenir qu’à l’époque « Villeurbanne a sur faire face au déclin économique, à la disparition des entreprises du secteur secondaire pour se tourner vers le secteur tertiaire et les entreprises de service, les nouvelles technologies ».

Visiblement, Jean-Wilfried Martin est persuadé que Jean-Paul Bret sera à nouveau candidat à sa propre succession en 2020. C’est la seule explication du fait qu’il en fasse sa principal et unique cible. Avec le risque de se retrouver pris à contre-pied si d’aventure le maire actuel décidait de jeter l’éponge aux prochaines municipales. Il est vrai qu’il aura alors 74 ans et qu’il pourrait avoir l’envie de passer la main après les ennuis de santé qu’il a connu l’année dernière.

Reste que Bret pourrait, au moins dans un premier temps, prendre à nouveau la tête de liste histoire de permettre aux socialistes restés fidèles au PS de conserver Villeurbanne. Quitte à passer la main en cours de mandat.

Pour les prochaines municipales, à Villeurbanne comme ailleurs, les socialistes vont devoir compter avec les macronistes. Bret ne peut oublier que son actuel premier adjoint Prosper Kabalo s’est mis En Marche. Si demain le maire sortant ne se représente pas, il ferait un excellent chef de file d’une liste à majorité macroniste. Privé de chef, les socialistes seraient alors partagés entre la tentation de passer un accord et celle de partir au combat.

Cette dernière hypothèse ferait bien les affaires de Jean-Wilfried Martin ; il n’a pas oublié que c’est uniquement grâce à une division interne de la gauche aux législatives de 1993 que la droite avait fait élire son candidat Marc Fraysse.

G.A.

Laisser un commentaire