Inclassable, Erik Dietman

Une exposition retrace son œuvre au MBA

Bien qu’ayant traversé de nombreux courants artistiques, Erik Dietman ne s’y attache pas : « Dès qu’il y a plus de deux personnes, c’est une armée ». Et ça, il n’aime pas. Lui, l’objecteur de conscience. Le Musée des Beaux Arts lui rend hommage jusqu’au 17 septembre. Selon les époques de son œuvre, on trouve un méli-mélo de dessins, de sculptures, de compositions de collages, de peintures et de photos. Dans les année soixante, il joue avec les sparadraps : Objets pansés, objets pensés. Des portraits sont retouchés comme réparés, cicatrisés, raturés, barrés.

On trouve au centre de la salle, un coffre-fort entièrement emmaillotté de sparadraps. Est-ce dans celui-ci que se cache le film réalisé avec F.T. Ditlake ? Car un peu plus loin, une page dactylographiée sur une vieille machine à écrire raconte une étrange histoire. Celle de la rencontre des deux hommes dans les années soixante-dix. L’un vient de réaliser un film dont personne n’a voulu. Alors Erik Dietman lui propose d’enfermer la bobine du film dans le coffre d’une banque. Ainsi fut fait, et le film changea même de banque plusieurs fois, sans que personne ne puisse jamais le visionner. Tout est faux. F.T. Ditlake est un personnage fictif, comme Outil O’ Tools, à qui Erik Dietman a inventé une œuvre (exposée ici) et même une biographie.

Quelques hommages ici ou là : « Mr Matisse is out for a piss ». Oui, Matisse est bien là, dans un coin du tableau, occupé à ce qu’on a dit, avec autour de lui un peu de son univers, peint, ou reconstitué en volume par des pliages. Un mur entier d’hommages à Rabelais auquel Dietman s’identifiait beaucoup.

On s’amusera à chercher, parmi les soixante-douze dessins d’un autre mur le portrait de La Mère Lyonnaise qui vaut son pesant... de gamelle. Entourée de croquis d’inspiration surréaliste. Duchamp ou Picasso, les deux faisaient partie de ses références.

Plus loin de grands tableaux comme Livingstoned stoned dead, fait de bandes de toiles et de rubans collés.

Et bien sûr, on arrive à l’œuvre monumentale acquise par le Musée d’Art Contemporain de Lyon « L’Art mol et raide ou l’épilepsisme-sismographe pour têtes épilées : mini male head coiffée du grand mal laid comme une aide minimale ». Des crânes humains plantés de pieux montés  sur des piédestals de marbre. Ils sont tournés dans la même direction, comme une foule qui attend qu’on lui parle. Ou qu’on la séduise. Il y a toujours de l’ironie ou du jeu de mots dans les œuvres d’Erik Dietman. Et les mots prennent la forme de sculptures, de dessins, de collages.

PG

Opus, Ô Puce, Aux Puces, Exposition Erik Dietman, Musée des Beaux Arts
20, place des Terreaux - 69001 Lyon. Jusqu’au 19 septembre.

 

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