Michel Le Faou : un discret qui cherche la lumière

« On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ». (ARTICLE OFFERT°

Quand on observe le comportement politique de Michel Le Faou, on peut se demander s’il n’a pas sien ce vieux principe défendu par le cardinal de Retz. Celui qui, à la Ville et à la Métropole, a la haute main sur les dossiers d’urbanisme est passé maître dans l’art de ménager la chèvre Collomb et le chou Kimelfeld. 

Il y a quelques semaines, Le Faou participait à la réunion des fidèles de Gérard Collomb organisée à l’Hôtel de Ville autour du maire de Lyon. Il en avait profité pour regretter de n’avoir pas été informé par David Kimelfeld de sa décision d’officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole. Sa peine n’aura toutefois pas duré très longtemps. Quelques jours plus tard, le même Le Faou était au premier rang de la réunion organisée par Kimelfeld en présence d’une cinquantaine de marcheurs qui le soutiennent. Notre adjoint n’était pas le seul élu présent. Il était en bonne compagnie, assis aux côtés de Jean-Louis Touraine, Ronald Sannino et Sarah Peillon qui, tous, se sont très officiellement rangés derrière l’actuel président de la Métropole dans la guerre qui l’oppose à l’ancien ministre de l’Intérieur.

Une telle stratégie n’est pas sans risque. Elle peut valoir à son auteur de se fâcher au final avec tout le monde. Pour l’instant, en franc-maçon habile qu’il est, Michel Le Faou mène tranquillement sa barque les yeux fixés sur les Municipales de 2020. Lucide, il sait bien que ses chances de postuler au poste de maire de Lyon sont faibles. Très faibles. Mais qui sait ? Sur un malentendu, tout est toujours possible. Notre homme a quelques atouts dans sa manche, à commencer par ses excellentes relations avec les professionnels de l’immobilier dont le soutien n’est jamais négligeable quand il s’agit de mener une campagne électorale. Tous apprécient la disponibilité et les compétences de celui qui est à juste titre considéré comme un gros bosseur. Il l’ a prouvé en 2008 quand Gérard Collomb le propulse à la présidence de la Sacvl dont les comptes sont plombés par de méchants emprunts toxiques. Il réussira à redresser la situation, n’hésitant pas à engager une épreuve de force avec les banquiers. 

Quand Gilles Buna choisit de ne pas se représenter en 2014, il n’y a pas photo. C’est Le Faou qui hérite de la très stratégique compétence en matière d’urbanisme. Mais, alors que l’élu écologiste pointait en deuxième position dans l’ordre protocolaire, Le Faou s’est retrouvé relégué dix-septième adjoint. Comme s’il n’était que l’exécutant des décisions prises par le seul Collomb.

Certains collègues dépensent leur énergie à vouloir une place sur la tribune du Conseil municipal. Le Faou préfère se consacrer à ses dossiers ce qui lui permet de connaître aujourd’hui sur le bout des doigts chaque quartier et même chaque rue de la ville. 

Bien sûr, cela ne suffit pas pour pouvoir briguer le poste de maire. Le Faou n’a pas comme un Collomb cette empathie naturelle pour les gens. On le voit mal pousser la chansonnette dans les maisons de retraite ou aller au devant des gens qu’il ne connaît pas. « Il manque de charisme », s’amuse l’un de ses collègues. Mais à Lyon, le souvenir de Christian Philip nous rappelle qu’on peut rêver du fauteuil de maire sans être en apparence un joyeux drille. 

J. Croipeu

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