Un chaperon rouge qui porte la culotte

Julie Bigot chauffe son premier spectacle

Elle est de dos. Habillée tout en rouge comme un petit chaperon qui aurait monté en graine. Et sur une musique du générique de Star Wars, chantée a capella  par les Minions, ce qui perd un peu en belliqueux. Quoique ! Car Julie Bigot n’est pas une cliente tranquille. Elle s’offre ce qu’elle appelle “une entrée à l’américaine”, danse avec une canne en carton télescopique, comme un Fred Astaire de fête foraine. Mais le côté Hollywood, avec elle, ça tourne rapidement aux farces et attrapes.

La voilà en magicienne mentaliste offrant une carte à deviner à un spectateur du premier rang. Julie profite un peu de son spectacle pour renouveler son carnet d’adresse. Il doit être à son goût, elle va le garder jusqu’à la fin, Christopher. “Alors, remets la carte dans le jeu”. Le public n’y croit pas, c’est un gag. En fait, c’est un gag mais ça marche quand même. “Je suis télépatheuse !” Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour impressionner Christopher !

Julie s’est faire larguer par son mec, et avant d’en trouver un autre, elle a quelques comptes à régler avec l’ex. Flash back. Tout se raconte en chansons. Les premiers émois (où l’on voit bien que l’amour rend con). Les premiers cailloux dans la chaussure…voix de Brassens “Quand je pense à Fernande” . Et la sortie de piste finale “Je suis venu te dire que je m’en vais”. Elle minaude, s’enthousiasme, s’inquiète, s’énerve, se révolte et finit en PLS (Position Latérale de Sécurité), couchée sur le côté, battant vaguement des bras comme un poisson rouge implorant qu’on lui retrouve son bocal.

Truc de fille : séquence gynéco. D’après ce qu’on voit sur scène l’exercice s’apparente davantage à de l’exploration minière qu’à des techniques médicales et malheureusement le praticien n’a pas le sex appeal de Christopher.

Festival du film. Bien sûr Julie aurait rêvé de tourner à Hollywood. Elle rejoue des scènes mythiques des plus grands films pelliculés. Le Titanic en version remasterisée, le naufrage n’est pas où on croit. Marlon Brando avec des marshmallows dans les bajoues, ça ne facilite pas la diction. “Décidément, je ne rentre pas dans les petites cases !” Non pas qu’il lui en manque une, mais Julie Bigot est quand même largement déjantée. Elle dépense une énergie de feu d’artifices pour faire exploser toutes les situations. Elle retourne le public comme un steak sur un barbecue et lui fait vivre des moments qu’une personne normale ne devrait pas connaître.

Timéo Danaos

“Julie est culottée”, Rikiki théâtre,  11 Rue de l’Annonciade, 69001 Lyon Téléphone : 04 78 39 41 44

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