Chef ou leader ?

La communication des candidats en dit toujours plus qu’ils ne pensent.

Épisode 2 : David Kimelfeld

Le site DK2020 se présente comme participatif. De quoi parle-t-on ? Les 4 propositions : 2 référendums par an, des assemblées citoyennes dans 14 circonscriptions ; sont décrétées d’en haut. Participation ? Mais elles semblent au contraire court-circuiter les instances délibératives légitimes : quel rôle est donné au Conseil de métropole, quel rôle à l’opposition, quel pouvoir d’amendement, de contrôle ? Ce sont des conseillers métropolitains que nous allons élire. Eux seront légitimes.


David Kimelfeld semble hésiter entre une position de chef, celle de Collomb : c’est moi qui décide et les autres suivent ; et une position de leader, fédérateur du collectif. Pour un candidat qui a besoin d’être identifié on peut s’étonner que cette clarification ne soit pas effectuée. Il présente son équipe ainsi : « Il faut pouvoir allier l’expérience avec des gens vierges de tout exercice de mandat qui apporteront une nouvelle respiration ». Mais à y regarder de près, tous les postes clefs sont tenus par des personnes déjà élues et pour certaines depuis très longtemps. Or, la caractéristique du leader est de promouvoir l’innovation. Ce ne se voit pas. Pas davantage dans l’iconographie. En dehors des photos du candidat lui-même, et d’une autre, en rang d’oignon, de l’équipe dirigeante, le candidat ne met pas en avant les gens qui travaillent avec lui. Certes Collomb fait pire, mais Étienne Blanc fait mieux.


Sur quels thèmes DK veut-il aller au combat ?
Le site en propose neuf. La première remarque est que presque tous ces thèmes sont statiques, ils ne contiennent aucune action sauf deux : « développement économique et attractivité » et « participation citoyenne ». Une thématique comme « environnement et cadre de vie » se présente comme une politique d’agrément, pas comme une orientation décisive, ce que serait par exemple : transition écologique. Bien sûr, « c’est le jeu », une plateforme participative ne doit pas donner l’impression que tout est déjà décidé ; mais l’inconvénient est qu’elle ne permet pas de dire pour quoi le candidat se bat. Or, il a besoin d’être identifié par un projet différenciant.

On peut gloser à l’infini sur le taux de participation relativement faible à cette « consultation » (le score le plus fort est de 410 votants au 24 nov). Pour autant c’est le plus participatif de tous les site de candidats. Le risque est toutefois que seul le noyau dur des militants participe et que le résultat ne soit pas représentatif de l’électorat concerné.

Pierre Gandonnière

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