IDEX : les sciences dures durcissent le ton

Impossible de comprendre le conflit au sein de l’Université de Lyon sans raviver la vieille guéguerre entre sciences dures et sciences humaines. Pourquoi Lyon 2 s’est-elle fait jeter comme un vieux diplôme, du projet de fusion des universités lyonnaises et stéphanoises ? C’est qu’au commencement, l’INSA, Lyon 1 et les tenants des sciences expérimentales auraient bien vu une Université Intégrée qui ne comporte que leurs propres disciplines, seules capables d’assurer l’Excellence de l’IDEX, bien sûr. Ils se seraient volontiers passé de la littérature, l’histoire-géo, la sociologie, la philosophie et autres balivernes. Seulement voilà, le jury IDEX a exigé que toutes les composantes universitaires fusionnent en une seule entité. On a donc fait entrer les Sciences Humaines et Sociales par la porte… et sortir par la fenêtre, laissant Lyon 2 sur le carreau. Plusieurs scénarios étaient possibles, un qui ne rassemble que les disciplines prestigieuses, et donc les sciences dures. Le jury n’en n’a pas voulu. Un qui rassemble tout le monde, les partisans du dur l’ont fait capoter. Reste le troisième scénario, prévu par personne, qui se profile, celui qui est fait avec des bouts du Un et des bouts du Deux. Il n’est pas dit que l’attelage puisse tenir longtemps. Des désaccords profonds au sein du quintet devraient surgir bientôt. L’INSA s’est courageusement abstenu lors du dernier conseil d’administration de l’Université de Lyon qui devait valider le projet. Dans un courrier adressé à ses administrés le président Éric Maurincomme dénonce « les ambiguïtés présentes dans ce texte, permettant de faire tout et son contraire ». Moyennant quoi lui-même a préféré faire tout et son contraire en ne votant ni pour ni contre.

Pierre Gandonnière