Buffet : pourquoi tant de bleu ?

La communication des candidats en dit toujours plus qu’ils ne croient. François-Noël Buffet vient de rendre publiques ses « 28 têtes de listes ». Non : 14. À moins qu’un corps ait plusieurs têtes, il ne peut pas y avoir plus de têtes de listes que de circonscriptions : 14. Clairement, il opte pour la couleur bleue, identifiante des républicains, c’est un retour à la maison loin des aventures chromatiques d’Étienne Blanc avec son bleu RATP. S’y ajoute un logo représentant une sorte d’arbre penchant nettement à droite, avec deux branches seulement, et dont les feuilles sont des bulles bleues ou vertes. On espère qu’il ne faut pas y voir un symbole écologique, car l’arbre est coupé net, sans racines.

Le slogan qui définit la liste est  « Pour une métropole juste », décliné en « plus humaine, plus durable et plus vivable ». Autant dire qu’on enfile des perles, car personne ne propose une métropole moins humains, moins durable et moins vivable.

La présentation des candidats montre, on l’a déjà noté, la prédominance des hommes sur les femmes. Par seulement parce que toutes les têtes de liste sont masculines (ce que le doublement à 28 et l’appellation « binôme » veulent escamoter), mais dans l’écriture non-inclusive de leur présentation, et plus encore dans la formule « Ils et elles sont riches de leurs différences » (le « Ils » devance le « elles » alors que la phrase précédente faisait l’inverse). Ou encore dans les photos où l’homme est en première place : à gauche, tourné vers la droite (l’avenir) et sous la lumière, à une ou deux exceptions près. Les profils montrent une mise en avant de la qualité d’élu et de maire chaque fois que c’est possible. Et une deuxième caractéristique qui est professionnelle : ce sont des cadres, des dirigeants ou des professions libérales. On ne sait pas ce qu’il faut entendre par « diversité des territoires », il n’y a aucun candidat de la diversité, justement.

Quant au projet revendiqué dans l’expression « un projet commun et un engagement fort », il n’existe pas. Le candidat l’a lui-même indiqué, il ne sera divulgué que fin janvier ou début février. D’ailleurs, le texte ne laisse aucun doute : « cette équipe formée ira à la rencontre des habitants pour connaître leurs besoins et leurs exigences ». Plus loin « Ensemble nous construirons un projet innovant… » C’est au futur. Ce n‘est donc pas le projet qui soude les candidats mais le fait d’être ensemble pour en décider. C’est la réunion qui les réunit.

Pierre Gandonnière