Qu’est-ce que le greenwashing ?

En systémique on explique d’un changement de Niveau 1, c’est quand on modifie quelques éléments à l’intérieur d’un système sans rien changer à l’essentiel. Un changement de niveau 2, c’est quand le système se transforme, se régénère de l’intérieur. Le greenwashing est un changement de niveau 1. On injecte du vert à l’intérieur, mais on conserve le même système. Illustration par le programme du candidat Gérard Collomb : “Accélérer la transition écologique”. N.B. On aurait pu prendre presque n’importe quel autre, mais celui-ci a l’avantage d’éditer un document de 21 pages, il y a de la matière pour travailler. 

Le texte proclame de grandes ambitions et une certaine radicalité dans le discours : “changements profonds”, “devenir une des 10 villes écologiques de référence en Europe”, “changer nos modes d’agir et d’entreprendre”. Un changement de niveau 2 ? Non, car ces fortes intentions sont contrecarrées par une affirmation de continuité par rapport à l’action précédente “nous ne devons pas laisser se dévoyer nos acquis”, “nous devons pas changer de stratégie”, “il ne faut pas modifier notre trajectoire”. Ou encore : “nous avons déjà beaucoup fait”. On reste donc bien dans la même ligne politique “inébranlable”, “sans failles” “même vision”. D’ailleurs aucun projet n’est remis en cause : NFL, Lyon Turin (Anneau des Sciences, même s’il n’est pas cité ici). Continuité, donc.  Au mieux, avec un changement de niveau 1. 

Grandes ambitions, mais petites actions, derrière les discours théoriques on a bien du mal à trouver de véritables engagements chiffrés et datés, ce qui est inhabituel chez Gérard Collomb.Par exemple : comment atteint-on la “neutralité carbone en 2050” ? Combien de logements vont être réhabilités et comment ? On annonce simplement une volonté d’accélérer les politiques. Continuité, toujours. Par exemple multiplier par 5 les surfaces photovoltaïques en un mandat et par douze en deux. C’est déjà dans les programmes actuels de la métropole : “La Métropole s’est engagée à multiplier par dix l’utilisation d’énergie solaire sur son territoire d’ici 2030”

Changement ou continuité ? On ne peut pas cuire des pommes de terre à la fois à l’huile et à l’eau. Au risque de faire surgir des paradoxes : “faire de la vallée de la chimie le poumon de la R&D  dans les solutions innovantes”. Ou des contradictions non résolues. Le “zéro artificialisation des sols”, c’est en 2025 (p.19) ? Ou en 2040 (p.21)? Si c’est en 2025, cela signe l’arrêt de mort de l’Anneau des Sciences. 

PG