Duo de choc au Complexe du rire

Le café-théâtre qui voit la vie en double

Il était mathématicien, elle était traductrice. Quand ils ont racheté Le Complexe du Rire en 1997, il fallait être un peu fous. Ils étaient deux. Deux comme les deux salles de ce curieux café-théâtre à deux étages, deux programmations simultanées. Le public se croise à l’entrée, une partie prend l’escalier “Salle du Haut”, l’autre s’installe directement “Salle du Bas”. Deux ambiances, deux programmations. Un peu plus intimiste en haut, un peu plus “théâtre” en bas.

Cécile et François Mayet se sont lancés à corps perdu dans l’aventure. Ils avaient suivi des cours intensifs pendant un an avec Joëlle Sevilla et ils ont radicalement changé de vie. Tout a commencé par une adaptation d’une pièce de Labiche mise en scène par Alexandre Astier (le fils de Joëlle Sevilla). Il y avait déjà Jacques Chambon. Et puis Alexandre Astier s’est mis à monter ses propres pièces, à inventer ses histoires et on sait ce que ça a donné. Jacques Chambon est devenu Merlin dans Kaamelott, mais il  a gardé un vrai métier : il monte des pièces, il joue. Dernièrement : La Vie est une Fête, Les Sentinelles.

Depuis 23 ans Cécile et François ont eux-mêmes créé une quinzaine de pièces. Ils accueillent des one man shows : Geremy Credeville, Jean-Rémi Chaize. Ils ont vu les débuts de Monsieur Fraize à l’époque où ce n’était pas encore la saison. Ils ont accueilli Garnier et Sentou, avant que Sentou ne triomphe dans “Edmond”, d’Alexis Michalak (Molière 2017). Ils ont programmé le premier spectacle solo de Florence Foresti, après les Taupes Modèles, dans la formule “mardi découverte”. Elle continue de venir faire ses rôdages ici. C’est ici également que Jocelyn Flipo travaille ses pièces avant de les envoyer tourner à Paris. En ce moment : “Bienvenue dans la coloc 2”. Outre la programmation du mardi au samedi, le Complexe propose aussi des formules originales : les mardis-découvertes, par exemple, pour donner sa chance à un spectacle en création.

Mais aussi les “Wat’s Up”, une fois par mois. Il s’agit d’un spectacle de comédie, entièrement en anglais, qui permet de pratiquer la langue tout en s’amusant.

Enfin, il y a une école du café théâtre avec des sessions enfants, ados et adultes, tout au long de l’année et deux présentations sur scène en janvier et juin.

On doit au Complexe du Rire d’avoir pris au sérieux la question des tapas. C’est un vrai café-théâtre, avec un vrai casse-croûte pour accompagner le spectacle, des produits artisanaux, souvent bio, servis rapidement et avec le sourire. 

PG