EELV : la langue de bois verte

Bien sûr, ils ne sont pas les seuls à y avoir recours, mais dans leur bouche c’est inattendu. Les écologistes pratiquent largement la langue de bois. Elle se caractérise par une suite d’affirmations impossibles à contester, sans fondements identifiable et qui prend davantage l’aspect d’une évangélisation que d’une argumentation. Le nouveau programme d’EELV pour le municipales et les métropolitaines relève de cet exercice.

Tout commence par une tautologie, c’est à dire une affirmation qui ne peut être que vraie “Propulser Lyon dans le XXIème siècle”. On fait le pari qu’elle y est déjà depuis vingt ans. Ou encore “la santé est (…) envisagée comme une perspective essentielle par les écologistes”. Qui dirait le contraire?

Une autre caractéristique est la pratique de l’enthymème, cette figure qui consiste à faire passer pour un raisonnement logique, une affirmation qui ne repose sur aucune base solide. Exemple :“La crise sanitaire a mis en lumière la nécessité de modifier nos habitudes de consommation vers une nécessaire sobriété”.

On relèvera également l’argumentation opportuniste qui s’appuie sur la crise du COVID 19 pour justifier des affirmations qui lui ont pré-existé : “Alors que des chercheurs italiens et américains ont établi une corrélation entre la concentration des particules fines (PM10 et PM2,5) dans l’air et une mortalité accrue au COVID19, il est indispensable d’encourager les déplacements non motorisés.” Bref, ça confirme bien ce que les écologistes ont toujours dit : il faut supprimer les bagnoles.

On note au passage, surtout pour le plaisir, l’abus de phrases qui sont incontestables parce qu’elle n’ont aucun sens, typiques de la langue de bois : “Il faut panser les plaies et amortir la secousse tout en entamant la transition écologique.”  Ca pourrait être du Pierre Dac.

On observe pourtant un changement majeur dans le discours. Habituellement, les écologistes procèdent par incantations : “il faut”, “on doit”. Là, pour la première fois, l’essentiel des phrases est rédigé au futur, avec une première personne du pluriel :“nous élargirons les trottoirs”. Le discours reste quand même incantatoire dans la mesure où il manque beaucoup de précisions et de concret. Par exemple : aucune incidence budgétaire n’est calculée. 

Pierre Gandonnière