Du flou dans les étiquettes

Docteur Com’

Les électeurs ont intérêt à arriver dans le bureaux de vote avec des crayons de couleurs. Car les bulletins ne vont pas les aider à se repérer. Le premier tour avait vu un flou artistique dans les noms des listes, permettant d’escamoter les drapeaux. Le second tour instaure une confusion comme on a rarement vu.

Les appellations ne disent à peu près rien sur ce que sont les listes et leurs intentions. Des truismes, la volonté de rassembler : « rassemblement », « ensemble », « tous ». Un vague positionnement vers l’avenir sans qu’on sache lequel : « un temps d’avance », « maintenant ». Quant aux contenus politiques, il n’y en a pas. Au mieux un positionnement : « les écologistes et la gauche ». Pour les autres, rien qui permette de les situer sur l’échiquier. Bien malin qui saura ce que veut dire le bulletin qu’il va mettre dans l’urne. D’autant que même les logiques locales sont brouillées. Le camp Kimelfeld se présente tour à tour sous les appellations : « Ensemble avant tout », « Pour une métropole des Communes », « Rassemblement des Progrès », « Synergie Métropole », « Villeurbanne, c’est nous ». La droite collombienne s’appelle tour à tour : « La force du rassemblement », « Un temps d’avance », « Pour vous, pour vos communes », « Pour une métropole juste ». Même les écologistes confusent : « les écologistes et la gauche », « Maintenant la métropole pour nous », « Pour une métropole des Communes ». Enfin, pour que le bouillon soit bien épais, on note que dans la circonscription Rhône-Amont, les électeurs auront le choix entre deux bulletins se réclamant du « rassemblement », celui de la droite collombienne et celui de la gauche écolo-kimelfeldienne. Plus chanceux encore, les habitants de Porte du Sud balanceront entre quatre formes de « métropole », celle du « bon sens », celle qui est « juste », celle qui est « à nous », ou celle « des communes ». À Lyon, dans le même bureau de vote, on trouvera de bulletins « Ensemble » qui permettront de voter David Kimelfeld (Ensemble avant tout)  et des bulletins « Ensemble » qui permettront de voter écolo (Ensemble l’écologie pour Lyon). Quand on lance un débat dans une pareille confusion, c’est que pour les organisateurs, l’enjeu ne porte pas sur les projets mais sur les personnes. Élisez-nous, on verra après.
Pierre Gandonnière