Le RIKIKI, le Kirikou des cafés-théâtres


Il a plus d’un tour dans son sac

 Rue de l’Annonciade, à deux pas du Jardin des Plantes, un petit café-théâtre joli comme une bonbonnière : le Rikiki. Il s’est appelé L’Accessoire d’en Face, car il était en face de l’Accessoire. Puis Lulu sur la Colline, puis les Vedettes Secrètes. Repris en 2018 par Élina Barguil et Anne-Marie Potel. Elles ont gardé la salle de spectacle telle quelle mais refait l’espace-bar. C’est un des rares cafés-théâtres où le public est installé sur des gradins, ce qui lui donne une bonne visibilité. La scène est en contrebas, vaste, pourvue de trois dégagements qui donnent dans des coulisses, ce qui permet des effets de mises en scène. C’est l’espace bar qui a été entièrement redécoré, avec des couleurs chaleureuses, des luminaires, des chauffeuses et un bar assez long. Tout est fait pour que le public ait envie de s’attarder un peu pour discuter avec les artistes. On n’y sert que des produits locaux, si possible : bio. La programmation est beaucoup centrée sur la comédie : Qui veut la peau de Sherlock Holmes ?, Feu la mère de Madame. Certaines troupes sont en résidence, comme La Compagnie des Affreux ou Les Cocottes. Le temps de monter un spectacle qui tournera ensuite. Le Rikiki programme aussi des spectacles pour enfants, le mercredi matin et pendant les vacances scolaires. Sa formule : du rire, de l’émotion, de la détente. Même des sujets graves peuvent être abordés pourvu que l’humour s’en mêle et qu’il y ait un vrai propos. C’est le cas de la dernière création maison Comme deux sœurs, écrite et jouée par les deux patronnes, qu’on ne spoilera pas, mais qui se promène entre comédie et violence de l’univers carcéral, jusqu’au twist final… Élina et Anne-Marie ne sont pas tombées dans la marmite étant petites, elles ont découvert le café-théâtre tardivement et se sont prises de passion. Au point de tout laisser tomber pour lui, l’une était commerciale et l’autre cadreuse. Elles ont commencé par monter une troupe d’amateurs : La Compagnie des Affreux, puis ont décidé de sauter le pas et de gérer leur propre salle. En moins de deux ans elles ont fait du Rikiki un lieu qui a une vraie personnalité tant par la programmation que par l’accueil. Le confinement  leur a rendu les choses un peu difficiles, mais elles rattaquent le 9 septembre avec Feu la Mère de Madame, de Georges Feydeau, par la Compagnie des Arts Scéniques. Puis On se rappelle, la dernière création de la Cocotte Compagnie.

Pierre Gandonnière

Au Rikiki Théâtre
11, rue de l’Annonciade, Lyon 1er.
Tél. : 04 78 39 41 44.
www.aurikiki.com