Les Tontons se déchaînent

Ils ne sont pas là pour beurrer des tartines


C’est une drôle de boutique entre la rue Romarin et la rue Saint-Polycarpe. Dans les couleurs jaunes et noires. Avec un flingue comme enseigne, équipé d’un long silencieux. Les Tontons Flingueurs. Juste dans l’angle se trouve une belle entrée. Sauf qu’on n’entre pas par là mais par l’allée, comme dans un clandé.

À l’intérieur, c’est du jaune et du noir encore. De petites tables jaunes, de belles chaises de salon noires, confortables ce qui est rare, des hautes au fond, des basses devant. Et des citations du film éponyme sur des panneaux accrochés aux murs : « C’est curieux chez les marins, ce besoin de faire des phrases », « Moi quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile ». Sans compter la plus connue, vu qu’elle est pratiqué par tous même en dehors des périodes électorales : « les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». On, comprend vite que le patron est un fan. Didier Nathan est la moitié des Astrobaldingues, le duo comique venu de Villeurbanne et qui a fait une jolie carrière dans les années quatre-vingt dix. L’autre est formée par Stéphane Casez du BouiBoui et du Rideau Rouge. Il est à son troisième café-théâtre, il y a eu le BouiBoui puis le Bazar, sur l’île de la Réunion, café-théâtre en français et en créole. Et enfin les Tontons Flingueurs, monté en 2009, dans les pentes de la Croix-Rousse, le quartier le plus dense en petites scènes d’humour. Une ambiance chaleureuse, cinquante places pas plus. Plusieurs programmations par soir. On y a vu Jocelyn Flipo démarrer des spectacles comme Dans ta bulle ou Sans Valentin. On y a vu Thaïs en 2017, un des talents prometteur de l’humour « fille » qui n’hésite pas à jouer cash. On y a vu démarrer Jefferey Jordan et son violon qui s’appelle Jean-Jacques, le duo le plus inattendu qui soit, le seul vrai couple à la vie et à la scène. On y voit régulièrement Delphine Delepaut, soit dans ses one-elle-même shows soit dans des pièces de et avec Didier Nathan comme Ça tourne, une histoire du cinéma revue et corrigée, surtout corrigée. Les Tontons se sont déconfinés en juin. Ils assurent un été climatisé avec le nouveau spectacle de Sophie Belvisi Alzhei’Mère, une comédie loufoque et involontairement participative sur un sujet grave mais qui n’en n’a pas l’air. Et puis Didier Nathan qui reprend Nous les Hommes, l’histoire d’un mec qui vient de se faire larguer et qui croit qu’on apprend de ses erreurs.

Pierre Gandonnière
Les Tontons Flingueurs
12, rue Romarin, Lyon 1er
Tél. : 06 29 85 51 50.
tontonsflingueurs.com