IDEX : dernière ligne droite avant le cimetière?

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S’il y a un qui risque de ne pas passer l’été, c’est bien l’IDEX, le projet de fusion des universités de Lyon, de Saint-Etienne et l’ENS. Il était maintenu en survie artificielle, il semble qu’on soit en train de débrancher la prise. L’IDEX au départ, c’était la fusion de 25 établissements universitaires de Lyon et Saint Etienne pour former une seule université maousse-costaud capable de rivaliser avec les campus américains. Au fil des mois, il n’en restait plus que 4 : Lyon 1, Lyon 3, l’Université de Saint Etienne et l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Et la date fatidique approche, la ministre Frédérique Vidal a fait savoir par une lettre du 4 juin que le vote des statuts de la nouvelle entité doit intervenir avant la fin de l’année. Et qu’il suffisait qu’une seule structure vote contre pour que  tout soit abandonné. Or le ver est dans le fruit. L’Université de Saint-Etienne s’est enfin réveillée en constatant que son nom disparaissait de la nouvelle Université-Cible, il n’y a plus de “Saint-Etienne”. Contrairement à ce qui lui avait été promis, tout sera géré en central à Lyon, les enseignements et le personnel. Suite à quoi dix-neuf dirigeants de l’Université Jean Monnet ont démissionné le 26 juin et formé un collectif de résistance. Comme si ça ne suffisait pas, le conseil départemental de la Loire a voté le même jour un voeu demandant de surseoir à l’adoption de ces statuts (c’est la même chose que “s’asseoir” mais en plus poli). A leur tour les patrons locaux se sont levés, le poing tendu. D’après Le Progrès :  “Le Medef Loire tient à ce que l’Université soit conservée à Saint Etienne”. La CPME : “Il est urgent de tout arrêter”. Le maire récemment réélu Gaël Perdriau s’était lui aussi opposé à cette disparition. Saint Etienne va-t-elle renverser le jeu de dominos? On dirait bien. Mais ce n’est pas tout. Les Universités de Lyon 1 et Lyon 3 doivent élire leur nouveau conseil d’administration à la rentrée. Il devra voter sur les fameux statuts. Or, depuis les dernières élections municipales et métropolitaines, non seulement le ver est dans le fruit, mais le Vert y est aussi. Dans chacune de ces instances universitaires, il y a au moins un représentant de la Ville ou de la métropole. Les écolos ne sont pas du tout favorables à ce projet. Il suffirait d’une voix pour que les présidents perdent leur majorité. 

Pierre Gandonnière