Et hop ! Un recours.

Si les élections de Vénissieux étaient annulées ? 

En période électorale, c’est à dire six mois avant l’élection, les candidats se doivent d’être très vigilants sur l’utilisation des moyens de communication de leur mairie. Ils s’interdisent absolument de se montrer en photo ou de signer de leur nom, se contentant d’un vague “Le maire”. A défaut de quoi la publication pourrait être réintégrée à leurs compte de campagne et leur élection invalidée. Sans compter d’éventuelles poursuites pour utilisation de moyens publics à des fins électorales.

Mais si certains se montrent très sourcilleux, d’autres ont semble-t-il moins de sourcils. Deux recours viennent d’être engagés au tribunal administratif par le citoyen Farid Ben Moussa , lui même candidat sur la liste de Yves Blein, contre la candidate réélue Michèle Picard sur les élections municipales et sur les métropolitaines. Par deux fois il demande l’annulation du scrutin et, plus méchamment, l’inéligibilité de la maire communiste. S’il obtient satisfaction, non seulement Vénissieux se retrouvera sans maire, comme en 2014, mais Bruno Bernard perdra deux de ses vice-présidents à la métropole : Michèle Picard et Pierre Athanaze.

La lecture de la requête est édifiante. A partir du 1er septembre, la communication est réglementée. Or, en octobre, Michèle Picard fait éditer puis distribuer une plaquette publicitaire pour vanter les mérites de son action en matière de rénovation urbaine. Plaquette signée de son nom, avec photo.

Le 30 septembre, elle s’offre deux pages dans l’annuaire du consistoire juif régional pour vanter son action en matière de lutte contre l’antisémitisme “nous agissons travers des actions concrètes auprès des jeunes vénissians”. Plus précis : “A l’occasion du nouvel an juif, j’adresse mes voeux à l’ensemble de la communauté israélite de Vénissieux, de l’agglomération lyonnaise et de France”. Sans aucune arrière-pensée, bien entendu. Signé : “Michèle Picard, maire de Vénissieux, conseillère métropolitaine”.  En avril, en plein coronavirus, elle se fait le relais d’une initiative d’Etat consistant à faire distribuer des bons alimentaires par l’intermédiaire des CCAS. Là encore, l’occasion de l’accompagner d’un petit mot aimable entre les deux tours “la ville de Vénissieux se mobilise pour apporter toutes les aides possibles…” à 1 383 familles, soit 3 000 personnes environ. Signé “Michèle Picard, présidente du CCAS ». En tout : six griefs dont un détestable constat d’huissier sur des procurations délivrées dans des conditions un peu faciles. L’élection s’est jouée à 736 voix pour les métropolitaines et à 328 pour les municipales, c’est dire si un joli coup de pouce du destin pouvait être le bienvenu. Nul ne peut présumer de ce que décidera le tribunal administratif. En 2014 il lui avait fallu bien moins que ça pour annuler les municipales de Vénissieux au motif d’une fraude sur une liste FN. A l’époque Martial Passi, maire de Givors, n’avait pas de mots assez durs pour fustiger les candidats indélicats : “La justice voudrait que les deux élus fraudeurs soient déclarés inéligibles et suspendus de leurs mandats.” Avant d’être lui-même rattrapé par une désagréable histoire de prise illégale d’intérêt.

PG

Voir ici le recours contre les élections métropolitaines

Voir ici le recours contre les élections municipales

Voir le mot d’accompagnement des bons alimentaires

Voir les deux pages dans l’annuaire du consistoire juif régional