Fausse note pour cette 9e symphonie lyonnaise


Sous le couvert des indispensables mesures sanitaires, le nouveau maire de Lyon s’est arrangé pour qu’il n’existe plus le moindre contact direct entre les journalistes et les élus. Tout doit être sous contrôle. La presse a été tenue à bonne distance des grands salons dorés où se sont déroulées les opérations de vote qui ont permis à Grégory Doucet de s’asseoir dans le fauteuil de premier magistrat. Même ambiance lors de la conférence de presse .Doucet a été le seul à répondre aux questions. Les journalistes n’étaient autorisés à s’adresser qu’au maire. Les adjointes et les adjoints avaient conservé docilement leur masque histoire de ne pas risquer de désobéir au nouveau maître tout puissant.
Depuis Francisque Collomb, c’est le neuvième maire de Lyon que le privilège de l’âge me donne d’avoir vu enfiler l’écharpe tricolore ; après le successeur de Louis Pradel, il y a eu Michel Noir, Raymond Barre, Gérard Collomb à trois reprises, Georges Képénékian, à nouveau Collomb et enfin Grégory Doucet. Cette neuvième symphonie lyonnaise aura surtout été marquée par les fausses notes d’une séance que les journalistes ont été priés de suivre derrière les écrans télévision.
Voilà un premier signe qui n’est guère positif pour l’exercice en toute liberté de notre métier. Malheureusement, ce n’est pas le seul. Au moment où la nouvelle majorité s’installait à l’Hôtel de Ville, nous avons reçu un petit mot nous informant que la mairie de Lyon ne renouvellera pas ses abonnements aux Potins. Lesquels arrivent à échéance en septembre prochain. Voilà qui prouve s’il en était besoin que les écologistes n’ont rien à voir avec les autres formations politiques. À la Ville, à la Métropole, au Département ou à la Région, les élus successifs de droite et de gauche ne nous ont jamais coupé les vivres pour nous punir de notre impertinence.
Avec Doucet, tout change. Nous serions bien sûr mal placés pour lui reprocher d’inaugurer son mandat en réalisant quelques (modestes) économies. Nous pourrons toujours nous consoler en imaginant que notre sacrifice évitera demain une augmentation de la fiscalité. Pour le reste, on peut rassurer Doucet. Même sans lui, Les Potins peuvent rapidement se retrouver dans une situation économique plus que difficile grâce à la CGT qui bloque la distribution de notre journal, comme de l’ensemble de la presse, depuis plus de deux mois.

GA