2005-2020 : Après quinze ans, Les Potins tirent leur révérence


Habituellement, les anniversaires sont l’occasion de réjouissances et de promesses pour des lendemains qui chantent. Cette année pourtant, nous ne ferons aucune fête pour célébrer le quinzième anniversaire des Potins. Pire ! Nous tournons une page ; une page sur laquelle nous allons tristement écrire le mot « FIN ».
Ce 669e numéro est donc le dernier de votre hebdomadaire satirique. Le dernier d’une aventure passionnante qui n’a pu exister que grâce à nos lecteurs et grâce à la fidélité de quelques amis qui nous ont généreusement secourus lorsque nous traversions des moments difficiles. Nous devons également un grand merci à tous ces élus et responsables divers qui ont -souvent involontairement- alimenté nos colonnes semaines après semaines.
La vie des Potins tout au long de ces quinze années n’a jamais été une entreprise facile. Il a toujours été économiquement très difficile de faire vivre un hebdomadaire satirique. C’est aujourd’hui devenu impossible.
D’une façon générale, c’est toute la presse qui souffre actuellement. La hausse de la diffusion électronique ne parvient pas (pas encore ?) à compenser la baisse des ventes. La crise liée à la Covid n’a fait qu’empirer une situation déjà dégradée avec des recettes publicitaires en berne. Et pour couronner le tout, la faillite récente de la société de distribution de la presse fait que Les Potins ne sont plus distribués en kiosque depuis le mois de mai. Et il n’existe aucune solution en vue avant le début de l’année prochaine.
Dans de telles conditions, nous n’avons d’autre choix que de tirer le rideau.
Comme le dit le proverbe, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce n’est pas Jean-Michel Aulas qui dira le contraire. Le président de l’Olympique lyonnais n’est pas homme à pleurer -au contraire- que ça sente le…Sapin pour notre journal.
Les Potins disparus, personne ne racontera demain qu’il a joué les cacous tout l’été à Saint-Trop. À coups de centaines de milliers d’euros, il a loué un luxueux yacht sur lequel il a jour après jour convié amis et relations à commencer par son nouveau pote Tony Parker. Espérons pour lui que les écologistes qui président désormais aux destinées de la ville et de la Métropole ne s’amuseront pas à calculer le bilan carbone de son caprice estival.

Gérard Angel