Les Potins de la semaine (N°669)

Perdants


Ces élections sénatoriales ressemblent à s’y méprendre à un véritable bal des perdants. Entre François-Noël Buffet, Étienne Blanc et Michèle Vullien, ce sont les laminés des dernières élections municipales et métropolitaines qui mènent la danse. Comme quoi, le Sénat évolue. Avant, le Palais du Luxembourg était une maison de retraite pour élus en fin de course. Aujourd’hui, c’est plutôt une clinique de convalescence pour battus en quête d’un lot de consolation.

Jeunesse

Laminé dans son septième arrondissement, Jean-Yves Sécheresse (69 ans) espérait lui aussi se refaire une santé avec les sénatoriales. À défaut de mener lui-même une liste collombiste, il a un temps espéré figurer en deuxième position derrière la sortante centriste Michèle Vullien (74 ans). Mais il a finalement été décidé de donner la place à un candidat plus jeune. Du coup, Sécheresse a été relégué en quatrième position, ce qu’il a refusé.
De toutes façons, qu’il se console : même en seconde position, il n’avait aucune chance d’être élu.

Jeunesse (2)

Au départ, Michèle Vullien avait proposé la deuxième place sur sa liste au maire de Thizy-les-Bourgs Martin Sotton. Finalement, pour faire une place à Sécheresse, il avait été relégué en quatrième position. Sotton a refusé estimant qu’il serait peu opportun de laisser deux vieux en tête de liste. Il a été entendu d’où le choix du caladois Benoît Froment et le départ de Sécheresse. Du coup, Sotton a finalement accepté la 4e place.

Ruines

La liste de Michèle Vullien ne devrait pas être la seule à briguer les suffrages des élus centristes. Son vieil « ami » Max Vincent, le maire (à vie ?) de Limonest prépare lui aussi sa propre liste. Il a jusqu’à la fin de la semaine pour confirmer son entrée dans la course. Et comme si cela ne suffisait pas, l’ex-maire (et toujours conseiller départemental) Bernard Fialaire est décidé à se lancer lui aussi. Et tout cela sous le regard de Michel Mercier dont on doit reconnaître qu’il a fait de la famille centriste dans le département un véritable champ de ruines.

Bons offices

Il n’y a pas que chez les centristes que les ambitions se télescopent. Tel est également le cas du côté des Républicains. Il y a quelques semaines, Christophe Guilloteau a pris l’initiative de réunir tous les postulants pour tenter de les mettre d’accord. Entre François-Noël Buffet, Étienne Blanc, Paul Vidal, Laurence Fautra, on ne comptait plus ceux qui se sentaient pousser des ailes. Finalement Vidal et Fautra ont accepté de se ranger derrière le battu de la Métropole alors que le laminé de Lyon a choisi d’y aller bien que son parti soutienne officiellement Buffet.

Choix


Dans un premier temps, la maire de Décines Laurence Fautra avait accepté de figurer en deuxième position sur la liste Blanc. Au final, elle a rejoint Buffet qui lui a offert la quatrième place. On aimerait voir sa tête si, le soir de l’élection, les listes Blanc et Buffet font jeu égal et obtiennent chacune deux sièges

Légitimiste

Alors qu’il semblait plutôt pencher en faveur d’Étienne Blanc, Christophe Guilloteau a finalement décidé de soutenir la liste de François-Noël Buffet. Officiellement, le président du Conseil départemental se veut légitimiste en roulant pour la liste qui a reçu l’investiture de son parti. On peut aussi imaginer que la présence de sa « copine » Béatrice Berthoux sur la liste Blanc n’est pas totalement étrangère à son choix.

Exécutif

On attend avec impatience de connaître la position de Laurent Wauquiez pour les sénatoriales. Le choix ne sera pas facile. D’un côté, son premier vice-président Étienne Blanc mène une liste sur laquelle figure une autre vice-présidente, en l’occurrence Béatrice Berthoux. Mais en face, Buffet a offert la troisième place à Paul Vidal qui lui aussi appartient à l’exécutif régional. En attendant, si Vidal est élu, ça fera un heureux avec le maire de Genas Daniel Valéro qui pourra (enfin) récupérer la présidence de la CCEL (Communauté de Communes de l’Est Lyonnais).

Lyonnais

Pour Laurent Wauquiez, le choix entre les deux listes sera d’autant plus cornélien qu’il a des proches d’un côté et de l’autre. Étienne Blanc a offert la septième place au maire du 2e arrondissement Pierre Oliver. Or, celui-ci n’est autre que le compagnon de la directrice de cabinet du président de la Région. En face, François-Noël Buffet a placé l’adjointe du 2e Maryl Guilloteau en sixième position. Laquelle travaille au sein du Conseil régional.
Dur, dur…

Retour

Après leur victoire à Lyon et celles de leurs alliés socialistes à Villeurbanne et Vaulx-en-Velin, les écologistes devraient ramasser la mise aux prochaines sénatoriales. Ils ont toutes les chances de décrocher trois élus (peut-être quatre). Voilà qui permettra l’élection de la Croix-roussienne Raymonde Poncet (deuxième de liste). Si d’aventure la centriste Michèle Vullien sauve son siège, elle pourra toujours lui servir de guide au Sénat. Les deux femmes se connaissent bien. Elles ont siégé en même temps (mais pas sur les mêmes bancs) au Conseil général. L’écologiste Raymonde Poncet avait alors battu le candidat de Collomb Dominique Bolliet aux cantonales de 2011.

Bouderie

Le président du Medef Laurent Fiard doit se faire une raison : Bruno Bernard refuse de le rencontrer au titre de sa fonction à la tête du syndicat patronal. Le président de la Métropole n’a pas digéré la virulente campagne que Fiard a menée contre lui. Il est vrai que le directeur général du Medef Jean-Louis Joly a fait lui aussi très fort en écrivant quelques amabilités sur son profil Facebook. Par exemple : « Lyon va devoir se battre pour éviter la déchéance et livrer la ville aux profiteurs pour qui le mot travail est une injure…les bobos et les blaireaux subventionnés sans autres valeurs que de chercher à profiter d’un système de subventions d’aides et protection sociale…mais qui n’ont jamais vraiment contribué à la valeur de notre cité ».

Échevins

Après bien des hésitations, le maire de Lyon a donc décidé de ne pas participer à la messe du vœu des Échevins. Aussi hypocrite qu’une armée de jésuites, il a cependant multiplié les signes en direction des catholiques histoire de se faire pardonner de rompre avec la tradition. Grégory Doucet pourra toujours se dire que l’un de ses prédécesseurs avait lui aussi suscité des réactions hostiles en cette même occasion. Le 8 septembre 1995, la première année de son mandat, Raymond Barre avait purement et simplement boudé la cérémonie. Il s’était fait représenter par son premier adjoint Christian Philip ce qui avait été considéré comme une provocation par certains. Il est vrai qu’en tant que protestant, Philip n’était probablement pas le mieux placé pour représenter la ville à une cérémonie en l’honneur de la Sainte Vierge.

Embauche

Les relations semblent s’être réchauffées cet été entre Laurent Wauquiez et Alexandre Vincendet. Suivant l’exemple du président de la Région, le maire de Rillieux vient à son tour de se faire offrir par les contribuables un spécialiste des élections et de la communication politique. Vincendet a donc recruté Jérôme Lavrilleux qui s’est illustré comme directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. Pour s’offrir ses services, la ville de Rillieux va lui verser 40 000 euros par an ; soit nettement moins que le salaire de 9 000 euros nets mensuel que touche Ange Sitbon au Conseil régional. Il est vrai que pour ce prix là, Wauquiez en a largement pour son argent. Grâce à ce « cher » collaborateur, il connaît à l’avance le résultat des élections. Il est toujours exactement l’inverse de ce qu’avait prévu Sitbon.

Dîner

On espère pour Jean-Michel Aulas qu’il n’attend pas après les 117 millions d’euros qu’il réclame à la Ligue de foot pour se refaire une santé financière après son cher été tropézien. Le président de l’Olympique lyonnais a également profité de ses vacances pour soigner ses relations politiques. Il a ainsi discrètement dîné en famille avec Nicolas Sarkozy. On ignore si l’ancien président de la République a eu droit à une invitation sur le luxueux yacht qu’Aulas a loué au mois d’août et qui n’a pas quitté la baie de Saint-Trop. C’est bien la peine de dépenser des fortunes pour faire des ronds dans l’eau devant la Cité des Corsaires.

Terrasse

Deux poids, deux mesures.
En matière de terrasses, on ne peut pas dire que tous les restaurants et cafés soient traités à égalité. Certains ont le droit de rester ouverts jusqu’à une heure du matin quand d’autres doivent fermer dès 23 heures.
Difficile de comprendre pourquoi il existe de telles différences que rien ne justifie, surtout pas l’implantation géographique.
Ainsi les établissements situés sur la place des Célestins doivent virer leurs clients dès 23 heures. Mais à dix mètres de là, sur la rue Charles-Dullin, les terrasses peuvent être tranquillement exploitées jusqu’à une heure. On attend avec impatience que le nouveau maire de Lyon nous explique les raisons de ce mystère qui n’a jamais ému Gérard Collomb.